Placido CHERCHI, Paul Klee teorico , De Donato, Bari, 1978, : « Un trait commun à la plupart des artistes – leur aversion pour une science de la couleur – me devint compréhensible récemment quand je lus la théorie des couleurs d’Ostwald. Mais je voulais passer un peu de temps à voir s’il me serait possible d’en tirer quelque chose de bon. Je ne réussis qu’à en tirer deux ou trois curiosités, et surtout la conclusion prosaïque que la science acoustique a stimulé la production musicale. Aussi le parallélisme Helmholtz-Ostwald dans leur rapport négatif avec les arts serait-il assez exact. Mais il ne s’agit pas de cela. Souvent les savants trouvent aux arts quelque chose de puéril. Mais dans le cas présent les positions sont inverses (…). Bien étrange est aussi l’idée que l’accord tempéré en musique serait l’œuvre de la science ; je ne peux y voir qu’un adjuvant pratique. La gamme des couleurs chimiques procure une aide analogue. Nous l’adoptons, certes, depuis un moment, mais nous n’avons pas du tout besoin d’une théorie des couleurs. Les possibilités infinies des mélanges ne produiront jamais un vert Schweinfurt, un rouge Saturne et un violet cobalt. Nous ne mélangeons jamais un jaune foncé avec du noir, car il tendrait au vert. En outre, la chimie des couleurs ignore tranquillement tous les mélanges transparents (glacis). Sans parler de son ignorance totale de la relativité des valeurs chromatiques. Croire que la création d’une harmonie au moyen d’une tonalité d’égale valeur doive devenir une norme générale signifie renoncer à toute la richesse psychologique. Merci bien ! »